Idoles Temperas et Pastels

Le découpage de l’espace en trois zones a toujours été une de mes constantes : l’histoire des mathématiques enseigne qu’à l’aube de l’humanité, un aurait été nommé par le soleil ou la lune, deux aurait été représenté par les ailes de l’oiseau,alors que trois qui découpe le temps en passé, présent et avenir aurait renvoyé à tous les autres nombres, rappelant à l’homme son impermanence. Ce réflexe récurrent précède pour moi l’action pensée comme la loi ternaire sujet-verbe objet induirait la condition première pour s’inscrire dans le langage.
Le terrain de mon travail de reconnaissance s’établit aujourd’hui encore sur ce triptyque : français d’origine espagnole, je me suis construit en Argentine. En France, je récupère mon histoire faite d’ hybridations complexes de vies et de lieux.
Elle s’exprime naturellement dans le métissage des techniques et des matériaux en quête d’inédites édifications de moi même. Toute recherche d’identité se modifie dans les relations entre soi et les autres, elle suppose d’ailleurs cette altérité. Le sujet abrite de multiples aspects qui cohabitent, particularités engagées dans un processus de perpétuelle transformation.
Parmi les questionnements du courant post-moderne, particulièrement dans leur rapport au temps, je décline des réponses qui s’élaborent à partir de fragments d’images, de réminiscences de sensations, de narrations incomplètes. L’expérience vaut tout d’abord pour elle-même, comme dans un monde clos : elle se soucie avant tout de sa propre existence. C’est seulement après que s’instaure une nouvelle relation avec l’autre «soi-même», le regardeur, convoqué dans son fort intérieur à la fulgurance et peut être à l’illusion de l’humanité universelle.

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