Exposition du 31/03/2018 au 25/04/2018

Peindre c’est penser, être là, au monde. Le  « il y a » c’est la présence à l’être, l’immanence de la présence. Présence du corps et présence du tableau : Il faut pouvoir saisir cette immanence dans son insaisissabilité, son instabilité, suggérer le lieu de son existence dans une structure orientée du champ perceptif, un haut et un bas, un premier plan et un arrière-plan, dans une certaine prise de mon corps sur le monde, une assurance et une aisance de mon corps dans le monde, le fait que je l’habite et que je suis capable de me tenir et d’agir en lui. C’est la recherche permanente d’un langage propre et universel à la fois. Le monde est pluridimensionnel ; qui veut en donner une représentation plane doit subir la contrainte et de le réduire aux deux dimensions de la surface, ce qui suppose un travail de transposition picturale.

Matérialiser, concrétiser peut se relier à l’appréhension d’une idée de la totalité et rejoindre en cela le vide primordial. En peinture, le vide entre les signes a la même importance que le signe lui-même car c’est lui qui met en relation les formes dans l’espace pictural, repli de la présence, respiration, silence nécessaire : C’est le petit pan de mur jaune de « La vue de Delft » de Vermeer qui fascinait Marcel Proust. Ne pas se rendre compte que l’on peint quand on peint, peindre comme on vit, comme on pense, moyen d’être avec soi.